Je rencontre mon futur employeur d’abord à Paris au café de l’Assemblée nationale. Elle est ophtalmologiste et fait partie d’une commission sur le devenir de son métier. Elle me demande de la rejoindre dans la cité des ducs de Bretagne mais je lui explique que financièrement il m’est impossible d’envisager un déménagement. Ayant entendu parler de mes compétences en informatique par un ami commun, elle est vraiment désireuse de me recruter. Aussi, elle décide de prendre en charge mon déménagement, de me trouver un appartement, de m’avancer le premier de loyer ainsi que la caution et prend l’engagement de se porter garante. Une nouvelle fois c’est une opportunité inattendue que je ne peux refuser. Par chance, j’ai pu vendre, avant mon départ, six de mes chats adultes ainsi que sept chatons qui ont survécus au désastre. Le 18 mai 1997, c’est dans un départ précipité que j’arrive donc dans l’une des villes réputées pour sa douceur de vivre. Par ailleurs mon contrat ne commençant que le 1er juillet, je dispose d’un peu plus d’un mois pour procéder à mon installation.

 

Je ne cesse pas l’élevage pour autant. Sur les quatre femelles que j’emmène avec moi, deux attendent des petits. Sorti du contexte humide de la mauvaise maison, les mises bas se passe parfaitement bien avec des chatons viables. Afin de me différencier de mes concurrents, j’offre à chaque vente d’un chaton une demi-journée de formation sur l’entretien du persan. Il faudra plusieurs mois pour redresser une situation financière difficile. Le 1er juillet je commence mon nouveau travail comme assistant médical. Je signe un contrat de vingt heures pour trois cent quatre-vingts euros. Dès le 1er jour, je vais vite me rendre compte que les choses ne vont pas être aussi simples que je le pensais.

 

Je suis d’abord atterré par le désordre. Ma nouvelle patronne accroc aux tables de jeu m’emmène le soir avec elle dans les casinos de la côte, d’une part et que les vingt heures par semaine vont se transformer en quatre-vingts heures du lundi au samedi d’autre part. Convaincu qu’elle profite de ma vulnérabilité, les deux premiers mois je ne dirais rien mais entre le boulot, les sorties nocturnes et la gestion de l’élevage, fin août j’atteins un point de non-retour. Je décide d’appliquer les horaires tels qu’ils sont indiqués dans le contrat et lui oppose une fin de non-recevoir pour les sorties nocturnes.

 

Mécontente, elle m’indique qu’elle prend la décision de ne pas renouveler mon contrat. Ce qu’elle ignore, c’est que je connais le directeur adjoint de la direction régionale de l’administration où j’ai travaillé pendant quatre ans et que j’ai obtenu une vacation de deux mois pour la fin de gestion. Fin octobre je quitte donc le cabinet ophtalmologique et commence début novembre ma mission au service financier de la direction régionale. Durant cette période de deux mois, je vais être informé par la DRH de la possibilité de passer un concours interne. Alors que je m’interroge sur mon éventuelle éligibilité, j’apprends qu’il fallait être en poste au 10 mai 1996, date de publication du décret. Or à cette date j’étais bien en poste à Paris. En avril 1998, je passe donc l’écrit et suis admissible à l’oral. Fin mai je passe ce dernier à Paris. J’obtiens la note de 16.22, meilleure note au niveau national et finalement le 1er juillet 1998, je suis titularisé à la direction départementale perpétuant ainsi une longue tradition familiale.

Mes premiers jours ont êtres assez déroutants. Quand j’évoquais les inconvénients de l’administration lorsque j’étais à Paris, je vais vite constater qu’en province les inconvénients vont être multipliés par trois ou quatre. D’abord le matériel. Il est vrai qu’à Paris nous étions toujours au top sur le matériel informatique mais la province est finalement l’enfant pauvre de ce point de vue. Viens ensuite la mentalité : rien à voir. À Paris si tous les agents étaient contractuels, fonctionnaires ou même vacataires, on ne ressentait pas le côté fonction publique. En province c’est tout le contraire. Plus fonctionnaire… tu meurs !

 

D’emblée je suis affecté au secrétariat de direction par intérim et à la gestion des indus de l’État. Rattaché au service administratif et financier, mon nouveau chef ne m’apprécie guère mais je le lui rends bien. Je décide de me syndiquer immédiatement. Dès le début de mon mandat, et donc de mon arrivée, je vais être l’auteur d’un tract particulièrement virulent ce qui me vaudra les foudres de mon nouveau directeur. C’est à ce moment que je vais apprendre que je suis atteint de deux pathologies graves. Je pars donc en congé de longue maladie.

 

À partir de mars 1999, je vais occuper plusieurs postes de gestionnaire dans des domaines aussi variés que les politiques d’emploi chez les jeunes, les exonérations de charges, les politiques de la ville, les politiques de reclassement pour les salariés licenciés économiquement, les restitutions financières aux entreprises, la gestion du fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce en plus d’être rédacteur au sein du journal interne et d’en assurer la mise en page et la production.

 

Comme à Paris, je profite de nombreuses formations qu’elles soient informatiques ou administratives et afin de valider mes acquis, je décide de passer un titre professionnel de niveau III d’assistant de direction par la validation des acquis de l’expérience que j’obtiens en juillet 2009. Côté informatique je passe les sessions via l’institut national du travail pour être dans un premier temps moniteur office 2010 et Windows XP, puis en 2012, je passe la session pour être tuteur-formateur Windows 7 et Office 2013.

Avec l’arrivée d’internet au milieu des années 80 et son formidable essor à la fin des années 90, je vois là l’occasion à la fois de parler de sujets qui me passionne mais aussi de creuser de nombreux sujets. En 2003, je crée site consacré à l’internet rémunéré au nom évocateur de Remunerator, en plus d’un blog consacré au cinéma. Ces premières expériences très positives vont me conduire à réfléchir à un concept entièrement tourné sur mes passions. Concept toujours remis sur le métier à cause de la maladie qui prend de plus en plus de place dans ma vie. Ce projet aura pour nom dès le départ de l’Univers de Noan. Il ne me faudra pas loin de vingt ans pour concrétiser ce projet, qui durant cette période ne me quittera jamais et qui subira de nombreux bouleversements.

 

En 2009, dans le cadre de la gestion des exonérations, je suis amené à recevoir de nombreux chefs d’entreprises qui me font part de leurs difficultés à appréhender la réglementation qu’ils trouvent complexe. Partant de ce constat, j’ai décidé de mettre en place un site d’informations sur les zones franches urbaines. J’ai commencé par la réalisation d’une enquête auprès des entreprises installées dans les différentes zones afin de recenser le besoin d’information, de quantifier les règles des dispositifs les plus difficiles à appréhender et enfin de mesurer l’opportunité de la mise en ligne d’un site dédié.

 

L’analyse des résultats a permis de mettre en évidence les carences des institutions sur la diffusion de l’information. Ainsi 96% des entreprises interrogées ont jugé nécessaire la mise en ligne d’un site offrant une information de premier niveau. Après la rédaction du cahier des charges, le site a été mis en ligne en mai 2009 et à été vu dans 29 pays. Afin de parfaire mes compétences dans ce domaine, je vais en 2011, via le CFP, effectuer une formation de quatre mois de webmestre. Durant cette dernière, je vais parcourir l’ensemble des logiciels Adobe CS 5.5 : Photoshop, Dreamweaver, Illustrator, Flash et In Design.

Après avoir entendu une interview de Jacques Attali alors que celui-ci prend la tête de l’orchestre de la Sorbonne, il prononce une citation de Jacques Brel qui va prendre une résonance particulière : « On ne devient adulte que lorsqu’on a réalisé ses rêves d’enfants ». Nous sommes alors en octobre 2003. En décembre j’achète un piano Petroff qui arrivera la veille de Noël réalisant ainsi mon rêve d’enfant… du rêve à la réalité… Durant trois ans je vais étudier le solfège avec le Weber, le Dante Agostini et le Dandelot ou le manuel pratique pour l'étude des clés. J'ai, avec l'aide de mes professeurs élaborer une méthode d’apprentissage du solfège qui me permet de mettre les pièces plus rapidement en place. Si cette méthode a été parfois jugée peu orthodoxe, elle m'a surtout permis de faire un important travail de mémorisation et donc de gagner un temps précieux pour le travail pianistique.

 

Pendant cette période j’ai étudié les gammes et l'Hanon, je comptabilise 3 ans de pratique. Sur l’étude des pièces, j'ai commencé par le premier prélude de Bach. J'ai ensuite travaillé le 1er mouvement de la sonate au clair de lune de Beethoven puis la variation "Chopin" du carnaval de Schumann et un prélude nommé "piano tendresse" d'Adam Morgan. C’est à cette occasion, que j'ai pu faire un gros travail d'improvisation. J’ai aussi travaillé d'autres pièces comme la toccata en ré mineur Bach/Busoni BWV 565, le prélude 20 op.28 et la valse en la mineure de Chopin, l'andantino de Khatchatourian avec enfin les 1èr gymnopédies de Satie. En 2015, pour des raisons de santé, je prends la décision d’arrêter le piano. Par ailleurs, les moyens financiers que cela nécessite ne sont plus à m’a portée. Paradoxalement, je n’approuverai aucun regret sur le fait d’arrêter m’estimant piètre musicien mais je reste avant tout un mélomane accompli.

 

L’œuvre concertante est au centre de mon écoute et si je possède 390 concertos de Vivaldi, l’intégralité des concertos de Beethoven ou ceux de Mozart les œuvres des compositeurs russes comme Rachmaninov ou Glazounov sont également autant de créations témoignant de la beauté de l’œuvre concertante. J’apprécie l’opéra et les œuvres de Rossini ou Verdi, le jazz et les grands crooners dont Michael Bubble et Harry Connick Jr. Côté musique du monde, j’ai une passion pour Astor Piazzolla et Giora Feidman.

 

En dehors de la musique, je suis un passionné d’histoire et de dynasties et plus particulièrement l’histoire et les dynasties anglaises que ce soit celle des Plantagenêts ou celle des Windsor en passant par toute la période Tudor et la guerre des deux roses. La Seconde Guerre mondiale fait partie des conflits que j’affectionne particulièrement. Je possède sur ce sujet quelque trois cents documentaires et apprécie les auteurs comme Yann Kershaw, Hannah Arendt, Robert Merle et Primo Levi. J’affectionne les romans de Françoise Sagan, de John Grisham et évidemment ceux de la spécialiste du Moyen Âge anglais : Philippa Gregory.

 

Côté séries, j’ai une prédilection pour les séries scandinaves dont j’apprécie la subtilité des scénarios et des réalisations mais je suis aussi fan de séries historiques, politiques, uchronique à l’exemple « du maître du haut château » ou encore des séries dystopiques à l’exemple de « Black Mirror » ou de « la servante écarlate » en plus de Game of Thrones qui est à mes yeux la meilleure série de ce siècle. Il va sans dire que j’ai aussi un faible pour les séries humoristiques anglaises comme Miranda Hart ou Black Books. Côté grand écran, j’aime les films d’anticipation et les réalisateurs qui sont indéniablement associés à ce genre comme Stanley Kubrick et Andrew Nicoll, le scénariste de mon film culte : The Truman Show. Il y a aussi Rob Reiner, Tim Burton, Milos Forman et côté français Étienne Chatiliez ainsi que Danièle Thompson.

Voilà, je me suis mis à nu, vous savez presque tout ! Si je devais conclure en quelques mots sur ma vie, je dirais que celle-ci n'a été jusque-là qu'une succession d’événements plus ou moins hasardeux, transformés en tremplins vers d’autres opportunités toujours plus intéressantes les unes que les autres. J’ai su tirer profit des situations auxquelles j’ai été confronté, sans me laisser dépasser mais en restant passionné et déterminé.

 

« Il y a un temps pour chaque chose, disait l’Ecclésiaste. Un temps pour chercher et un temps pour perdre. Un temps pour garder et un temps pour jeter ». De l'hôtellerie à l’informatique en passant par l’événementiel, l’élevage de chats persans ou encore la fonction publique, je confirme que j’ai dû abandonner certaines choses afin d’en garder d’autres. Ce ne fut pas simple d’arriver jusque-là, mais j’y suis arrivé, preuve que tout est possible ! Je n’ai pas eu ce sentiment de lutte acharnée, bien qu’il ait fallu s’accrocher pendant les moments plus éprouvants que les autres. Mais ma persévérance, ma capacité d’adaptation, mon jusqu’au-boutisme et mon réalisme idéaliste m’ont porté pour arriver à ce que je vous présente aujourd’hui.

 

Oh bien sûr, tout n’est pas fini ! Il y a encore ces nombreux projets qui me trottent dans la tête, les ébauches sous forme d’arborescence à entretenir et commenter. Mais mon déterminisme et ma motivation à apporter un peu d’amélioration à ce monde dans lequel on évolue, parfois malgré nous, seront mon carburant pour continuer à avancer. Oui, la vie est un train d’atterrissage sans ligne d’arrivée. Et comme vous me suivez, m’inspirez, me reprenez et nourrissez mes avancées, vous êtes d’accord pour poursuive ensemble ce chemin passionnant .

Sachez que je reste fidèle cette valeur qu’est la gratuité et reste convaincu que cette dernière et le partage sont encore possibles sur internet… Mais n’oubliez pas, chers amis lecteurs, que vous êtes les garants de mon indépendance. L’existence de l’Univers de Noan, dans la durée, dépend à la fois des dons et des actions réalisées à partir du site, par l’intermédiaire des partenaires. Même si je ne m'engage pas sur la voie du profit, comme toute structure, l’Univers de Noan a besoin de ressources financières qui lui permettent à la fois de fonctionner et de se développer. Plus vos soutiens seront nombreux, plus le site durera et se développera. Alors, d’avance, merci à tous ceux qui contribuent à faire en sorte que l’Univers de Noan puisse continuer à se développer au fil du temps… Bonne visite…

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