Avant mon entrée dans le monde professionnel, j’ai, comme beaucoup, suivi un parcours scolaire initial somme toute très banal avec une orientation allant à l’encontre de mes souhaits. En effet, je vais choisir de m’orienter dans l’hôtellerie et la restauration, certainement parce que mes parents en avaient eu le désir.  Ainsi en apprenant ce métier de bouche, je vais découvrir l’univers de la gastronomie, de l’œnologie, l’art de la table et bien d’autres sujets. Si au sortir de l’école j’ai considéré cette formation inutile, je concéderai, bien des années plus tard, que cette dernière m’aura été bénéfique à bien des égards.

 

Sorti diplômé de l’école hôtelière, je vais me diriger vers une école d’accueil de et tourisme. Au sein de celle-ci je me vois bénéficier d’autres enseignements qui élargiront mes connaissances comme l’histoire de l’art, la littérature ou le protocole et bien évidemment l’histoire de la musique. Ces deux formations sont aussi les meilleurs pour appréhender la communication et les relations humaines, atouts non négligeables qui me serviront plus tard, dans d’autres fonctions.

Je termine les deux cursus initiaux j’ai déjà dix-neuf ans et c’est l’heure pour moi de partir sous les drapeaux. Après trois jours intenses à Vincennes, je choisis la marine pour effectuer mon service militaire. Bon, ce n’était pas forcément gagné d’avance mais grâce à quelques relations familiales, je vais parvenir à intégrer le centre d’instruction naval d’Hourtin pour faire mes quatre semaines de classe. Ayant fait le choix d’être assistant de foyer, je pars ensuite un mois à l’école des assistants de foyer au centre d’instruction naval de Saint Mandrier d’où je sortirai titulaire d’un certificat de pratique professionnelle dans les domaines de l’animation, de la mise en scène et des techniques liées à la gestion de spectacle et de l’événementiel.

 

Je pars finir les dix mois qu’il me reste à faire au centre d’instruction naval de Querqueville avec le statut de sous-officier marinier. Durant ces dix mois, je vais créer des spectacles de fin de session, des expositions, plusieurs récitals et concerts en plus de gérer la vie d’un foyer comme les salles de jeux, les salles de télévision, la médiathèque, la gestion des bars et des monnayeurs en plus des diverses tâches administratives et de comptabilité.

Ayant refusé de m’engager pour une longue durée à la demande de mes supérieurs, je me retrouve, à la sortie de l’armée au chômage. Mais cette situation ne va pas durer longtemps. Je vais d’abord travailler sur le site nucléaire de la Hague. De retour à Paris, je signe un contrat dans un hôpital comme plongeur en cuisine collective. À l’issue, je vais travailler dans un cabinet comptable. Licencié économiquement, je décide de faire de l’intérim. Je vais effectuer plusieurs missions de courte durée et deux de longue durée : une au service informatique d’un grand spécialiste du pot d’échappement et l’autre pour une société de téléphonie en comptabilité clients. Ensuite, je vais travailler plusieurs mois pour une société d’édition. Toutes ces missions m’auront permis une grande adaptabilité, autre atout non négligeable dont je saurai tirer profit sur d’autres fonctions. À la fin de ce contrat, je me retrouve de nouveau dans la restauration pour quelques mois seulement car je vais saisir une opportunité qui va bouleverser tout le parcours déjà accompli, j’ai alors vingt-quatre ans.

Vingt-quatre ans est l’âge ou ma carrière va faire un virage à cent-quatre-vingt-dix degrés.. À cette époque, j’avais repris le chemin de la restauration et je travaillais dans un bar-restaurant du onzième arrondissement de Paris. Je profitais de mon temps libre pour me rendre à l’ANPE, afin de consulter les annonces dans le secteur tertiaire. Après plusieurs semaines de recherche, je tombe enfin sur l’annonce qui me fera définitivement quitter la restauration pensais-je : « Entreprise jeune et dynamique, recherche secrétaire H/F… Je pressentais au fond de moi-même que ce job était fait pour moi. Je décide donc de postuler et me rends à l’entretien, c’était le dernier mardi de février 1992.

 

Alors que je suis convaincu que l’entretien s’est bien passé, je m’entends dire que le fait d’être un homme est un handicap pour ce poste et que s’il existe des métiers réservés aux hommes, il existe des métiers exclusivement réservés aux femmes et pour l’employeur qui me reçoit, il est inconcevable que le poste de secrétaire soit occupé par un homme. Vexé d’avoir été discriminé, je rentre au bar pour prendre mon service du soir. Au fond de moi je fulmine, j’enrage et telle une cocote minute, j’ai envie d’exploser. Une cliente du bar, une habituée est là, elle boit son thé. Elle constate que j’ai perdu ma jovialité habituelle et à la question comment « allez-vous ? », j’explose littéralement. Je lui explique par le détail cet entretien décevant en concluant de trouver inadmissible une telle discrimination.

 

D’abord interloquée devant la virulence de mon propos, elle m’indique être en conformité avec ce dernier et me fais part du fait qu’elle travaille au sein d’une grande administration, laquelle cherche un assistant pour une mission de dix mois. Elle me fixe un rendez-vous pour un entretien qui durera trois heures et le lundi 16 mars 1992, je fais mon entrée dans la fonction publique d’État avec un seul objectif y rester jusqu’à la retraite.

Freud a dit : « il y a des vies ou l’on vit et des vies où l’on apprend ». Pendant dix mois, au sein de cette mission, je vais apprendre les techniques de communication liées à l’administration, me familiariser avec les techniques budgétaires et comptables, les marchés publics en plus d’approfondir mes connaissances dans les domaines de l’informatique de bureau. Je vais participer à de nombreux stages informatiques et administratifs. Je vais aussi découvrir les lenteurs de l’administration, le manque d’harmonisation entre les services, les longues pauses-café, celles du matin à la cafétéria et celle de l’après-midi devant la machine à café et d’autres inconvénients qui ralentissent le travail effectif comme les réunions qui n’en finissent pas, les brainstormings interminables mais à l’issue de ces dix mois, je vois mon contrat renouvelé pour une durée de dix mois supplémentaires, d’abord comme secrétaire d’un chef de mission en charge des finances des services extérieurs. De là, je vais être très vite repéré par le sous-directeur des finances de la logistique et de l’informatique. Mes compétences dans Excel seront à l’origine de ma nomination comme assistant budgétaire pour les projets de loi de finance.

 

Désireux d’élargir mes compétences dans l’informatique, je quitte le secrétariat du sous-directeur pour intégrer, dans le cadre d’un nouveau contrat de douze mois, une mission chargée d’élaborer le schéma directeur informatique de ce grand ministère. Entre la mise en place des comités directeurs et des groupes utilisateurs, je vais avoir en charge l’organisation, la coordination et la gestion des déplacements de mes supérieurs. Ordres de missions, bons de transports, contrôle des justificatifs et des états de frais en plus de la gestion financière seront mon quotidien.

 

Fin 1995, j’intègre la cellule administrative et financière de la division informatique avec pour objectif de mettre en place une procédure centralisée et simplifiée de gestion des déplacements de la totalité des agents intervenants dans le cadre du schéma directeur informatique. Ayant établi un rapport visant à déterminer l’existant, j’ai émis les nouvelles procédures de gestion applicables en accord avec le responsable de la cellule et le chef de division. J’ai par ailleurs procédé à l’automatisation des tâches. En effet, j’ai entièrement informatisé les documents relatifs aux différentes étapes d’un déplacement, facilitant ainsi la constitution et le suivi de chaque dossier. Je ne manque pas non plus de participer à une dizaine de formation et préparations de concours qui seront des plus pour les années à venir.

 

Malheureusement, après quatre ans passés dans ce ministère, je ne trouve plus d’intérêt dans le travail que j’effectue et je sens mon objectif d’une carrière à vie dans la fonction publique s’éloigner de plus en plus. Il faut dire que depuis avril 1995, un petit être vient de rentrer dans ma vie, un petit chat persan. Au fil des mois je me découvre une passion pour cette race et en octobre 1996, je prends la décision, contre l’avis de ma hiérarchie, de quitter l’administration et décide de me lancer dans l’élevage de chats persans.

Au moment où je quitte l’administration, j’ai fait l’acquisition de trois persanes supplémentaires. J’arrive rapidement à faire l’acquisition d’un cheptel de quatre femelles et deux mâles en un an et en trois ans c’est un cheptel de onze persans que je vais détenir. Durant mes prospections d’achats, je vais chercher différentes variétés de robes : de l’unicolore à la colour point en passant par les écailles de tortue, les calicots et les arlequins. De plus je vais m'attacher à rechercher des pédigrées de première qualité tout en veillant au respect des standards de la race. Qu’ils soient issus d’élevages canadiens, Américains ou Anglais, mon cheptel comptera dans chacun des pédigrées plusieurs champions d’Europe ainsi que des grands champions internationaux.

 

Dans le même temps, je vais faire l’acquisition d’une bonne dizaine de livres évoquant non seulement la race, mais aussi tous les aspects relatifs à la felinotechnie et à la génétique si spécifique au chat persan. Outre les expositions, je vais veiller à assurer l’entretien quotidien. Je me rends vite compte qu’avec autant de chats il n’y a pas de dimanche ; c’est du sept jours sur sept. Je découvre aussi les coûts exorbitants des frais vétérinaires sur la première année d’exploitation. Afin d’élever dans les meilleures conditions, je quitte mon appartement pour une maison que je crois saine. Malheureusement arrivée en hiver je vais découvrir que cette magnifique bâtisse du centre-ville date du XVIème et qu’elle est construite au-dessus d’un cours d’eau. Avec les pluies hivernales celui-ci s’est mis à gonfler et à générer une humidité qui sera fatale à mes persans adultes mais aussi aux chatons. En effet, dès la première année, la mort subite de trente-deux d’entre eux d’un coryza de naissance, à cause de cette humidité, aura des répercussions financières désastreuses.

 

Paradoxalement et malgré toutes ces déconvenues, mon élevage jouit d’une excellente réputation. Je suis considéré par beaucoup de confrères comme un éleveur sérieux, soucieux d’apporter à ses chats beaucoup d’affection et de bien-être, de faire preuve de rigueur dans les soins apportés. Avec mon expertise, je vais être sollicité pour la rédaction d’un livre exclusivement dédié au chat persan et vais développer des partenariats avec certaines associations ou certains de mes confrères notamment dans le cadre de la reproduction.

 

Autre point important que j’avais occulté au moment de la création de mon élevage : la non-reconnaissance du statut d’éleveur félin, ce dernier n’étant pas reconnu animal d'utilité publique à l’inverse du chien. Dans ce contexte, tout soutien financier ainsi que l’aide à la création d’entreprise n’ont pas été possibles. Je vais m’attacher pendant deux années à participer à des réunions au ministère de l’agriculture en vue de la mise en place et l’adoption d’un statut d’éleveur félin. Grâce à une bataille acharnée, cette reconnaissance aura lieu en l’an 2000. Mais voilà… trop tard pour ce qui me concerne. Les pertes s’étant accumulées de façon exponentielle, je dois rapidement quitter cette maison malsaine et trouver un travail. C’est dans la capitale des ducs de Bretagne que je vais trouver ce dernier. Lire la suite...

Sachez que je reste fidèle cette valeur qu’est la gratuité et reste convaincu que cette dernière et le partage sont encore possibles sur internet… Mais n’oubliez pas, chers amis lecteurs, que vous êtes les garants de mon indépendance. L’existence de l’Univers de Noan, dans la durée, dépend à la fois des dons et des actions réalisées à partir du site, par l’intermédiaire des partenaires. Même si je ne m'engage pas sur la voie du profit, comme toute structure, l’Univers de Noan a besoin de ressources financières qui lui permettent à la fois de fonctionner et de se développer. Plus vos soutiens seront nombreux, plus le site durera et se développera. Alors, d’avance, merci à tous ceux qui contribuent à faire en sorte que l’Univers de Noan puisse continuer à se développer au fil du temps… Bonne visite…

Au fil du temps...

  • Facebook Social Icône
  • Instagram
  • LinkedIn Social Icône
  • Amazon Icône sociale
  • Pinterest social Icône
  • Twitter Icône sociale

RÉSEAUX SOCIAUX

 

ME SOUTENIR

 

© NoanWebsites 2020-2023 | Design par Noan | Technologie Wix | Pour signaler un lien mort c'est par ici