Publié par Noan Benito Vega

Composé en trois parties, le troisième concerto se distingue par une harmonie et des mélodies parfois identiques à celles du deuxième concerto, mais ce troisième concerto a sa propre « expression ». La quintessence de son contenu figuratif constitue l’essentiel du premier mouvement à savoir, une mélodie sans fin qui se déploie progressivement. Le principe lyrique y est exprimé tout aussi clairement que dans le deuxième concerto, mais paradoxalement, Rachmaninov ne s'est pas répété dans le processus de création du troisième concerto. 

 

À cet égard, on peut dire que le compositeur n'est pas retombé à un stade antérieur de sa créativité. Bien au contraire… Le troisième concerto complète et résume, en quelque sorte, l’immense travail de recherches créatives accomplies par le compositeur. Il est le concerto qui préfigure une nouvelle ère : celle du concerto moderne avec Rachmaninov comme chef de file.

​Comme je l’ai indiqué, en comparant le troisième concerto avec le deuxième, nous retrouvons, avec des analogies parfois évidentes, de nombreuses différences. Dans cette œuvre plus que dans n’importe quelle autre, le travail de Rachmaninov devient de plus en plus profond avec, parfois, des tonalités musicales, plus dures. De plus, à l’inverse du deuxième concerto, dans le troisième, comme né d’une impulsion inspirée par la tonalité en ré mineur, il n’y a pas de jaillissement immédiat, de sentiments « printaniers » ou « juvéniles », qui asphyxient parfois l’ensemble poétique du deuxième concerto. En même temps, ce troisième concerto est exempt des défauts qui étaient plus ou moins caractéristiques des œuvres majeures qui l’ont précédé.

La différence se manifeste également dans le rapport entre l'instrument et l'orchestre. Si, dans le deuxième concerto, piano et orchestre étaient « sur un pied d’égalité », dans le troisième concerto, le piano est clairement mis en avant. Ce n'est pas le « discours » de l'orchestre et du piano, mais bien la domination absolue de ce dernier. Par ailleurs, les épisodes lyriques du troisième concerto exigent une attention particulière afin de percevoir pleinement la beauté des sentiments qui y sont exprimés. Dans le même temps, les contrastes dramatiques sont considérablement intensifiés et exacerbés et la tension du développement symphonique va crescendo.

Le piano présente l’immense majorité des thèmes. Sa « domination » devient parfois si évidente que la partie orchestrale devient inutile - l’orchestre est alors silencieux - ce qui permet au soliste de « s’exprimer » pleinement, la partie solo étant riche et complexe. En effet, la technique des petits passages combinée à une puissante superposition d’accord donne à l’ensemble une dimension véritablement monumentale.

Les musicologues ont constaté des similitudes avec le chant folklorique russe, soulignant même des échantillons spécifiques, mais Rachmaninov a toujours soutenu qu'il n’en était rien et qu’il ne cherchait pas consciemment à pratiquer la stylisation. Néanmoins, on sait aujourd’hui que les intonations de la chanson russe et du chant d'Église orthodoxe, très ancrées chez le compositeur, constituaient l'essence profonde de sa pensée musicale. À cet égard, le troisième concerto est imprégné de cette « âme russe », et ce, de bout en bout. La profondeur particulière de cette pensée est aussi soulignée par le fait que le concerto n'a pas d'introduction spectaculaire.

Le premier mouvement commence directement à partir du thème principal. Le piano introduit la présentation du second thème aux couleurs plus claires et l’orchestre vient le rejoindre progressivement. Il n’y a pas de contraste particulier entre les thèmes de l’exposition. Il s’agit d’un développement simple mais extrêmement intense, rempli de phrases saccadées, de passages et d’harmonies réduites et élargies. Le thème principal est totalement repensé, enthousiaste et jubilatoire à la fois. La deuxième partie, a été définie par l'auteur comme Intermezzo. Ce sont des variations lyriques et poétiques sur le thème du chant choral.

Enfin, dans l’énergique thème principal du troisième mouvement, les intonations décisives du quatuor sont entendues, le ton du rythme de marche se fait progressivement sentir. Le second thème est imprégné de la même énergie, ce qui ne constitue pas - contrairement à la tradition - un contraste lyrique avec le thème principal. Au lieu de se développer, le compositeur introduit un épisode étrange et sinistre. Dans une reprise dynamique, le thème principal sonne de manière particulièrement significative en raison du timbre de la trompette, des puissants accords du piano, et le second thème prend alors le caractère d'un hymne, rendant le concerto encore plus solennel et puissant.

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